A Nice, un citoyen peut devenir une caméra de surveillance | Neotrouve

A Nice, un citoyen peut devenir une caméra de surveillance

De la vidéosurveillance, en veux-tu en voilà. La ville de Nice, déjà surveillée par 1 950 caméras, soit 27 au km2, va désormais être arpentée par des citoyens eux-mêmes équipés. Une application, Reporty, leur permet, depuis ce lundi, de filmer lorsqu’ils sont témoins d’une incivilité et de transmettre leur œuvre en direct au centre de vidéosurveillance de la police municipale.«Vous êtes témoin d’une incivilité (nuisance sonore, tag, dépôt sauvage…) ou d’une situation critique (vol, agression, incendie, inondation…) par une simple pression sur le téléphone, l’application renvoie au Centre de supervision urbain la vidéo en direct de l’incident en haute qualité», explique un communiqué du maire de Nice. En appelant, la personne est géolocalisée, précise son cabinet, contacté par Libération. Ainsi, les caméras de vidéosurveillance peuvent cibler la zone concernée (pour le dire autrement : les caméras de la ville filment l’endroit où un citoyen filme) et une patrouille peut être dépêchée sur place.«Pour l’instant, nous avons un panel de 2 000 citoyens. Il est composé de 1 000 agents de la ville de Nice et de la métropole, de membres de la réserve civile et citoyenne, de comités de quartiers et du groupe “voisins vigilants” [des habitants qui, par secteur, assurent une surveillance passive, ndlr]», explique-t-on à la mairie. Au bout de deux mois, si l’utilisation de l’application est jugée positive, elle sera généralisée à l’ensemble des habitants. Tout juste faudra-t-il remplir un formulaire de demande.«Face aux défis que nous avons à relever, chacun d’entre nous doit devenir un citoyen engagé, acteur de sa propre sécurité et donc de la sécurité collective. Et lorsque les nouvelles technologies peuvent y contribuer, en rendant aujourd’hui possible ce qui, hier, relevait de la science-fiction, pourquoi s’en priver !» s’enthousiasme Christian Estrosi. L’opposition socialiste, de son côté, est plus sceptique. Elle dénonce «une démarche contestable sur le fond et inadmissible sur la forme […] qui ressemble à l’organisation d’un processus de délation généralisé». «On voit que le maire de la ville [de Nice, Christian Estrosi] ne se gêne pas d’expliquer à quel point c’est utile pour instaurer la délation dans toute la ville», a également jugé Benjamin Sonntag, cofondateur de l’association La Quadrature du Net, interrogé sur France Info. 

Source : A Nice, un citoyen peut devenir une caméra de surveillance – Libération

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