#GiletsJaunes : synthèse de l’Acte 1 | Neotrouve

#GiletsJaunes : synthèse de l’Acte 1

Ce mouvement se veut apolitique et est lancé en dehors de toute organisation syndicale. Il se développe initialement uniquement via le web, au travers des médias sociaux.

En mai 2018, une automobiliste originaire de Seine-et-Marne, Priscilla Ludosky, lance une pétition en ligne pour réclamer une baisse des prix du carburant à la pompe, en ciblant en introduction la hausse de 7,6 centimes/litre pour le gazole et de 3,8 centimes/litre pour l’essence entrée en vigueur en janvier 2018 et l’importance des taxes rapportées au coût du produit. La pétition connait un important succès à partir d’octobre 2018 et dépasse le million de signatures à la fin du mois de novembre suivant.

En parallèle, en octobre 2018, un chauffeur routier francilien, Éric Drouet, lance sur Facebook un appel à bloquer le boulevard périphérique de Paris le 17 novembre 2018. Cette idée est reprise par d’autres protagonistes, qui prônent le blocage des routes dans divers départements français. Des groupes locaux apparaissent pour atteindre la centaine à la fin du mois d’octobre. Plusieurs vidéos deviennent virales, dont celle d’une Bretonne, Jacline Mouraud, qui comptabilise en novembre plus de six millions de vues, et celle d’un délégué de Debout la France, Frank Buhler, qui est visionnée plus de cinq millions de fois.

Premières actions :
Le 9 novembre 2018, lors de la venue du président de la République dans la ville d’Albert, dans la Somme, à l’occasion des cérémonies de commémoration de l’armistice de 1918, quelques manifestants liés au mouvement des Gilets jaunes tentent de rencontrer Emmanuel Macron, mais ils sont refoulés par la police assurant la sécurité du chef de l’État44. Les 10 et 15 novembre 2018, des militants rattachés au mouvement décident de bloquer symboliquement un rond-point au Neubourg, dans le département de l’Eure.

Le 14 novembre 2018, le maire de Morbecque, dans le département du Nord, fait apposer une immense affiche représentant un gilet jaune sur la façade de l’hôtel de ville, en signe de soutien au mouvement46. Le 15 novembre, une « opération péage gratuit » est organisée dans la région de Pau, en plus d’une opération escargot sur la rocade qui s’est terminée par l’occupation de la barrière de péage de l’autoroute A6

Lors d’un entretien diffusé le 14 novembre sur TF1, Emmanuel Macron déclare : « Ils ont le droit de manifester. Je veux comprendre. Je dis méfiance, il y a beaucoup de gens qui veulent récupérer ce mouvement. » Mais le président ne revient pas sur les décisions gouvernementales concernant l’augmentation de la taxation des carburants De son côté, le Premier ministre, Édouard Philippe, déclare à ce sujet : « Si quelqu’un dit « je vais bloquer », il sait que, ce faisant, il prend un risque… »

Le 17 novembre 2018, le mouvement commence très tôt à Paris, avec le blocage du périphérique dès 7 h 30, après un rassemblement organisé à la Porte Maillot.

Au cours d’une manifestation non déclarée organisée au Pont-de-Beauvoisin en Savoie, une automobiliste, perturbée par plusieurs manifestants qui auraient frappé sa voiture alors qu’elle force le barrage, panique et accélère pour se dégager, heurtant mortellement une manifestante de 63 ans, Chantal Mazet, jeune retraitée51. Un piéton, renversé à Arras, dans le département du Pas-de-Calais, a été transporté à l’hôpital en urgence absolue et divers incidents ont entraîné seize blessés légers, selon le ministère de l’Intérieur52. Au cours des manifestations, des agressions ou actes homophobes, racistes et islamophobes sont recensées.

En début d’après-midi, plusieurs dizaines de manifestants défilent sur l’avenue des Champs-Élysées, au niveau de la place Charles-de-Gaulle, puis ils se dirigent vers le palais de l’Élysée avant de se retrouver bloqués sur la place de la Concorde. À Troyes dans l’Aube, un groupe estimé à deux cents personnes s’est introduit l’après-midi dans la cour et le hall de la préfecture et a été refoulé par les forces de l’ordre.

Le lendemain, le ministère de l’Intérieur communique ses chiffres pour la journée du 1762 : un pic de 287 710 manifestants à 17 h dans toute la France63, 2 034 manifestations (sites occupés), un mort, 409 personnes blessées, 117 interpellations ayant donné lieu à 73 gardes à vue. Des élus de droite comme de gauche dénoncent la sous évaluation volontaire des chiffres par le ministère de l’Intérieur64.

Deuxième jour de blocage sur la voie rapide urbaine de Chambéry, le 18 novembre.
Le 18 novembre, vers 10 h, des manifestants arborant des gilets jaunes se rendent en cortège de voitures au parking de Disneyland Paris dont ils organisent la gratuité65. Plusieurs blocages étaient encore en cours ce jour-là66. Selon une source policière, 46 000 personnes restent mobilisées67.

D’après le ministère de l’Intérieur, 27 000 personnes manifestent le 19 novembre.

Le 20 novembre, une source policière indique que 10 500 personnes sont mobilisés. Un couvre-feu est instauré du 20 au 24, de 21 h à 6 h, dans quatorze villes de l’île de La Réunion70.

Plus de 650 interpellations et près de 500 gardes à vue ont lieu le 21 novembre. Emmanuel Macron annonce mobiliser l’armée à la suite de débordements survenus sur l’île de La Réunion. Le ministère de l’Intérieur indique que la journée a compté 15 000 personnes Gilets jaunes actifs.

Le 23 novembre, sur le parking d’un centre commercial à Angers, un Gilet jaune portant une charge explosive autour du cou menace de se faire exploser si Emmanuel Macron ne reçoit pas le mouvement à l’Élysée. Le forcené se rend après six heures de négociations avec les forces de l’ordre.

Ces premières journées de blocages donnent lieu à des scène bon enfants mais aussi à de nombreux accidents et bagarres.

 

 

Voici pour finir cette première partie une sélection des mesures réclamées par ce mouvement populaire :

• Smic à 1 300 euros net.
• Favoriser les petits commerces des villages et centres-villes. Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce et davantage de parkings gratuits dans les centres-villes.
• Grand plan d’Isolation des logements pour faire de l’écologie en faisant faire des économies aux ménages.
• Impôts : que les GROS (MacDo, Google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit.
• Même système de Sécurité sociale pour tous (y compris artisans et autoentrepreneurs). Fin du RSI.
• Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. Pas de retraite à points.
• Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
• Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.
• Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit au ticket restaurant et au chèque-vacances.
• Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l’inflation.
• Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations.
• Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
• Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une industrie française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)
• Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres, mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.
• Que les causes des migrations forcées soient traitées.
• Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.
• Salaire maximum fixé à 15 000 euros.
• Que des emplois soient crées pour les chômeurs.
• Augmentation des allocations handicapés.
• Limitation des loyers. Davantage de logement à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).
• Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage, aéroport…)
• Moyens conséquents accordés à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.
• L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière.
• Le prix du gaz et l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publics et que les prix baissent de manière conséquente.
• Le référendum populaire doit entrer dans la Constitution.
• Retour à un mandat de 7 ans pour le président de la République.
• Retraite à 60 ans.
• Pas de prélèvement à la source.
• Fin des indemnités présidentielles à vie.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_Gilets_jaunes#Semaine_1_%CB%90_du_17_au_23_novembre_2018

https://fr.novopress.info/212812/ce-que-reclament-les-gilets-jaunes/

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