Pourquoi la consommation de viande contribue à la faim dans le monde | Neotrouve

Pourquoi la consommation de viande contribue à la faim dans le monde

Des émeutes de la faim éclatent un peu partout dans le monde. Les causes de ces émeutes sont connues et pour certaines clairement identifiés par les médias : hausse des prix des céréales, du riz, du soja, du maïs, dérèglement climatique, sécheresse en Australie, inondations en Chine, augmentation de la population mondiale. Mais la principale cause reste encore occultée. Elle concerne le mode d’alimentation.

Il suffirait de renoncer à la viande pour soulager la pénurie de grains tout en préservant l’environnement et notre santé. Selon l’économiste américain Jeremy Rifkin, auteur, entre deux essais sur le travail ou les nouvelles technologies, du passionnant «Beyond Beef», un essai sur l’impact dévastateur de l’industrie de l’élevage. “L’élite intellectuelle dans les pays développés trouve parfaitement normal de s’inquiéter de la surpopulation dans le monde, mais elle oublie toujours un fait. La vraie surpopulation, c’est celle du bétail.”

Avec 1,4 milliard de vaches, notre planète croule en effet littéralement sous le bétail : le poids cumulé de tous ces ruminants est supérieur à celui de toute la population humaine avec ses 6 milliards d’habitants ! Et c’est de pire en pire. La production de viande a été multipliée par cinq depuis les années 1950, pour passer à 265 millions de tonnes. Et devrait encore doubler sur les vingt années à venir.

De quoi affoler les experts en alimentation, qui se demandent bien comment la terre pourra nourrir les 3 milliards d’humains supplémentaires de ces prochaines décennies.

La concurrence entre les animaux d’élevage et les hommes s’annonce très rude.

Car 80% de l’alimentation animale proviennent de cultures qui conviendraient également à la consommation humaine : maïs, soja. A l’ère de l’élevage industriel, nos bêtes accaparent à elles toutes seules 60% de la production mondiale de céréales, soit 670 millions de tonnes ! Un volume qui suffirait amplement à nourrir les 850 millions d’êtres humains souffrant de malnutrition. En fait, d’un point de vue malthusien, la viande n’est pas «rentable». On estime qu’un végétarien consomme en moyenne 180 kilos de grains par an alors qu’un consommateur de viande en gaspille 930 kilos par an. Pour comparer le rendement de diverses spécialités agricoles, les agronomes calculent un taux de conversion alimentaire qui correspond au rapport entre le nombre de protéines consommées et produites. Pour obtenir 1 calorie de poulet, il faut ainsi environ 4 calories de nourriture végétale. Idem pour le porc ou les oeufs. Pour le lait, on grimpe à 8. Et pour le boeuf, à 17, voire bien plus ! En comparaison, la pomme de terre est bien moins gourmande, son taux de conversion n’étant que de 0,46. Et encore, on ne compte pas les besoins en eau : pour produire 100 grammes de boeuf, il faut 25.000 litres d’eau.
Au total, l’élevage et la production des aliments pour le bétail squattent 78% des terres agricoles mondiales, soit 30% de toute la surface du globe…
Le plus insensé ? C’est que toute cette bidoche est en priorité destinée à 0,1% de la population de la planète, l’infime petite minorité des riches de ce monde. Notre consommation de viande est passée de 30 kilos par personne et par an en 1919 à plus de 100 kilos aujourd’hui. C’est trois fois plus que la quantité préconisée par les organismes de santé…

Si tout le monde sur la planète devait adopter le mode de vie occidental, il faudrait l’équivalent de 2,3 planètes en surface agricole…..
Savez-vous également que le seul bétail américain mange en céréales et en soja, des quantités qui pourraient permettre de nourrir cinq fois la population humaine des Etats-Unis ? !

Quelques exemple d’incohérence qui ont conduit à la situation actuelles.
Pour alimenter les animaux occidentaux destinés à nos restos, mac-do, et cuisines familiales :
– Le Brésil a été contraint d’augmenter de 400% ses exportations de Soja entre 1977 et 1980, alors que dans le même temps 10.000 enfants y mourraient de faim chaque année, et qu’on y dénombrait, officiellement ( !), 38 millions de sous-alimentés…
– Au Sénégal, la culture d’arachide pour le bétail se fait aux dépends des cultures familiales et vivrières (haricot, mil, sorgho,…), et, de 1980 à 1988 plus de 65.000 enfants sont morts de faim chaque année, pour une population de seulement 4,54 millions d’habitants…
– Tandis qu’en Thaïlande, 90% de la production de Manioc, principale ressource du pays, sont exportés pour nourrir les bêtes, destinées à l’alimentation pathogène et dégénérative des occidentaux non-végétariens … (Pendant ce temps, 50.000 enfants sont morts de faim chaque année en Thaïlande, pays qui compte seulement 5,1 millions d’habitants…)

De plus, par sa grande consommation de farine de poisson, 60% de la production occidentale de boeuf industriel a engloutit les ressources de la Pêche Chilienne et Péruvienne,… tandis que chaque année, entre 1980 et 1985, 48.000 enfants au Chili, et 90.000 enfants au Pérou, sont morts directement ou indirectement de Faim !…

Dans tous ces pays, des milliers de paysans sont expropriés de manière expéditive pour que leur terre puisse être utilisée pour des cultures destinées à la production et l’exportation de viande…

Pour être constructive, toute réflexion portant sur l’alimentation en général et la diététique en particulier, doit nécessairement tenir compte des méthodes de production des aliments et de leur impact sur l’homme et la nature, la Santé de l’homme étant aussi celle de la terre et du milieu agricole !… Rappelons quand-même que le cheptel bovin de nos pays est mieux traité qu’une immense partie de la population mondiale, et à cela s’ajoute l’étendue croissante de l’élevage industriel qui nécessite une déforestation intensive et écologiquement inacceptable, rapidement suivie de désertification quand le bétail a épuisé les ressources du sol. Pendant ce temps les populations d’affamés ne sont non seulement ni soignées ni logées, mais n’en croiraient pas leurs yeux si on leur offrait les céréales que mange quotidiennement le bétail destiné à satisfaire les appétits déformés des occidentaux (et là, on ne parlait pas encore de ces aberrantes “farines de viande” contaminées, bourrées de prions dégénérescents et débilitants !… (cette aberration ne représenterait que 3% de leur alimentation quotidienne, peut-être, mais on en constate les énormes dégâts : des milliers de bêtes vont se faire massacrer. Quand on pense que l’homme aussi est un “animal végétarien”… je pense que l’on devrait y réfléchir à deux fois avant d’ingérer des protéines animales ! ! !)) : A valeur nutritive égale, la même quantité de céréales qui une fois transformée en viande nourrit une seule personne, en nourrirait 7 si on la consommait directement, et près de 20 si on la faisait préalablement germer, sans même parler du gain qualitatif, qui suit ce gain quantitatif !…

N’est-il pas tout de même extrêmement choquant de réaliser que les mangeurs de viande ont besoin de dix fois plus d’eau et de surface cultivable pour être nourris ? (Et mal de surcroît, juste de manière à augmenter les maladies et les souffrances chez des centaines de millions de citoyens-contribuables, consolidant ainsi leur dépendance médicamenteuse et chirurgicale) !…

Le célèbre agronome, écologiste et tiers-mondiste René Dumont déclarait déjà à son époque : « L’occidental, avec sa surconsommation de viande et son manque de générosité envers les populations les plus pauvres, se comporte véritablement comme un cannibale, un cannibale indirect ; En consommant de la viande, ce qui gaspille les céréales qui auraient pu les sauver, nous avons mangé l’année dernière les enfants du Sahel, d’Ethiopie et du Bangladesh. Et cette année-ci,nous continuerons à les manger avec le même appétit !… »

Déjà, dans “Le Lien” “mensuel d’information sur la Santé, les Ressources Humaines et l’Environnement”) de Juin 1991, son éditorialiste Philippe Mailhebiau insistait lui aussi à juste cause : « Les exigences de production des produits carnés sont en effet contraires à une utilisation rationnelle des ressources agricoles à même de nourrir la population mondiale, contraires également au respect de l’environnement, (…) La transformation des végétaux en chair animale consommable entraîne une perte énorme de pouvoir nutritionnel, ce qui est inadmissible en regard de la famine croissante dans le monde : si ces végétaux et notamment les céréales étaient directement consommés, non seulement la faim finirait par disparaître des pays en voie de développement, mais conjointement les pays nantis y gagneraient beaucoup en qualité nutritionnelle, et donc en santé ! »

Pour une seule boulette coincée entre deux morceaux de pain-éponge, il faut transformer cinq mètres carrés de forêt vierge en pâturage ! Globalement, les États-Unis transforment chaque jour 1.000 tonnes de viande de boeuf en boulettes… Cela signifie le déboisement accéléré de contrées entières en Amérique du Sud et en Amérique centrale.

Le phénomène est impressionnant : 25 millions d’êtres humains se livrent, chaque jour, par hamburgers interposés, à cette destruction massive du milieu naturel.

Par exemple, le Costa Rica “Suisse de l’Amérique latine”, était recouvert à 72% de forêts en 1950, soit 37 000 kilomètres carrés. Aujourd’hui, cette surface n’est plus que de 26 % et 60.000 hectares sont déboisés annuellement.

Le bétail envahit les pâturages ainsi libérés : « Lorsque les carcasses s’en vont vers les États-Unis ou l’Europe, à des prix ridiculement bas, alors que les populations locales n’y ont accès qu’à des prix prohibitifs, leur sol est déjà en voie d’épuisement ! (…) La première année après le déboisement, il faut un hectare de prairie pour nourrir une tête de bétail. Cinq ans plus tard, cinq à sept hectares y suffisent à peine. Encore cinq années plus tard, le sol est définitivement stérile. Alexandre Bonilla Duran, fondateur du premier mouvement écologiste d’Amérique centrale, dénonce la perte de 680 millions de tonnes de terre fertile, dont 80 % pour l’élevage d’un bétail majoritairement destiné à l’exportation. Spectre de la colonisation, Stérilisation des sols, Appauvrissement des pays fournisseurs, Alourdissement de la dette, modification des habitudes alimentaires, création de nouveaux pôles d’activités économiques fondés sur la spoliation,propagande, et chaîne spéculative qui ouvre une fenêtre supplémentaire sur le dossier noir des pillages de notre société de consommation… » >>
Et nous en venons donc là aux causes justement “moins bien médiatisées” de ces famines actuelles et “émeutes de la faim”. Dans son N° 3074 d’avril 2008, “Paris Match” mentionnait le chiffre de ces 7 kilos de céréales gaspillées pour la production d’un seul kilo de viande… On pourrait évoquer aussi ces chiffres que publiait déjà, il y a 60 ans, “La Vie Claire” en avril 1948 alors que les rendements à l’hectare étaient bien moins élevés qu’aujourd’hui :
“Les économistes ont calculé qu’on pouvait nourrir 10 végétariens avec le produit des fruits et des légumes d’un seul hectare de terre, alors qu’il en fallait huit hectares pour assurer la subsistance d’un seul carnivore !..”

(Et on pourrait aussi ajouter ce récent commentaire de Jean-Marc Governatori, Président de “La France en Action” : “(…) pour créer un kilo de viande, on a besoin de sept kilos de céréales qui nécessitent plus de 10.000 litres d’eau ! L’impact de l’élévation de la seule consommation de viande est terrible. Pour répondre à cette hausse de consommation, il faut plus de place pour les troupeaux, donc on coupe des centaines de milliers d’arbres pour planter des céréales, nourriture des ovins et des bovins ; donc on consomme dix fois plus d’eau douce pour développer cette culture céréalière…”

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Mon royaume pour une entrecôte.

Doan Bui – Le Nouvel Observateur

Source : Site du Nouvel Obs :

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2270/articles/a374222-.html

et le magazine “Le Nouvel Observateur”, Hebdomadaire – Nº 2270 – Semaine du Jeudi 08 Mai 2008

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8 Responses to “Pourquoi la consommation de viande contribue à la faim dans le monde”

  1. 1
    Cris Says:

    “Rappelons quand-même que le cheptel bovin de nos pays est mieux traité qu’une immense partie de la population mondiale”
    Mieux nourri mais certainement pas mieux traité. Les bovins sont traités comme des marchandises, entassés dans le seul but d’être finalement tués.

    Sinon félicitation et merci pour cet article. La question de la surpopulation reste encore assez tabou, idem pour celle de l’impacte écologique de la viande. Mais quand on fait le lien avec la famine humaine, c’est le pire des sacrilèges. Aussi évident que se soit, le dénie et les accusations odieuses sont de rigueur.

    Bonne continuation

    Cris

  2. 2
    person Says:

    bq d’ animaux suivent cet attroce parcours transportés vivants sur le lieu
    d’abattage, découpés sous les yeux les uns des autres, pour faire partie des quantités énormes de viande sous vide, de jambon et autres, qui rejoignent les poubelles municipales dans le grand gaspillage organisé par ces mêmes règles de la distribution de Notre nourriture ! Faites les poubelles des supermarchés et superettes pr vs rendre compte !
    L’infamie persiste en ne redistribuant pas cette nourriture!
    Leur pofit direct occulte bon sens et bonté depuis trop longtemps !
    EVOLUTION

  3. 3
    Neo Trouvetou Says:

    tout à fait ! je met au défit un mangeur de viande de visiter un abattoir et de continuer à manger de la viande

  4. 4
    Renault Says:

    Je suis consterné à la lecture d’un tel texte, qui montre une méconnaissance du sujet et qui fait passer des vessies pour des lanternes. Amalgame, quand tu nous tiens !

    1) La plupart des bovins “viande” sont élevés sur des pâturages permanents, terres qui, le plus souvent sont d’un faible intérêt pour les productions végétales.

    2) le papier n’évoque pas la production laitière (parce que le lait ne passe pas à l’abattoir ? ou parce que Nestlé a plus d’argent de que les marchands de bestiaux ?) ni des oeufs, ni des porcs et volailles de chair (ce sont ces mono gastriques qui utilisent le maïs, l’orge et le blé fourrager, toutes céréales qui ne seraient pas produites avec les mêmes rendements si elles ne servaient pas de fourrage).

    3) l’auteur oublie que quand les populations ont accès aux protéines animales, la santé progresse, la mortalité diminue.

    4) Attaquer l’élevage bovin est aisé car il n’y pas de très grandes entreprises, disposant d’un grand pouvoir médiatique dans le secteur. Il me semble que les compagnies pétrolières sont plus néfastes pour l’environnement et la justice entre les communautés humaines.(Encore une fois on n’entend jamais de critique sur les produits laitiers… pourquoi ?)

    5) La faim dans le monde est d’abord un problème politique avant d’être une question technique : les ressources agricoles existent. Le problème est leur mise à disposition auprès des populations opprimées.

    6) La hausse du prix du grain en 2007/2008 a d’abord été provoqué par la sécheresse en Océanie, puis par la très forte augmentation de l’utilisation du mais pour la fabrication d’agro-carburants (et de blé/oléagineux en Europe), l’augmentation de l’utilisation de fourrages en Asie arrive au dernier rang des cause de cette flambée technique, qui a été entretenue par la spéculation.

    7) Donc, avant que “tuer le bétail” le camarade auteur de ce papier moralisateur ferait mieux d’exiger a) des économies d’énergies b) le démantèlement des multinationales c) la fin des dictatures soutenues par les multinationales d) l’arrêt des programmes d’agro carburant e) une formation, pour lui, à l’agro-économie f) une photo dédicacée du Prince Charles d’Angleterre qui tiens les mêmes propos mais n’a jamais offert de partager sa fortune avec les affamés du monde entier.

    Salut

    Christian RENAULT

  5. 5
    Le sacrifice rituel, seul exigence du halal ? | Al-Har Says:

    […] « Pourquoi la consommation de viande contribue à la faim dans le monde » : http://www.neotrouve.com/?p=21 *(3) Voir à ce sujet « Manger autant de viande est une abération pour […]

  6. 6
    Jd Says:

    “Avec 1,4 milliard de vaches, notre planète croule en effet littéralement sous le bétail : le poids cumulé de tous ces ruminants est supérieur à celui de toute la population humaine avec ses 6 milliards d’habitants !” Pourquoi on envoi pas la viande en Afrique ou en Asie sachant tous les moyens que nous disposons ou dans ce cas la, pourquoi ne pas envoyer des legumes ou autres nourritures?

  7. 7
    Nawande Says:

    Excellent article, dommage en effet qu’il y a cette grosse erreur de prétendre que les animaux sont “mieux traités”…

  8. 8
    Nawande Says:

    Sinon pour Christian Renault, les protéines animales, apportent bien d’autres maladies, l’humain étant effectivement un animal végétarien.

    http://www.viande.info/elevage-viande-sante-maladies
    http://www.alimentation-responsable.com/un-constat-inquietant

    Vous parlez de sécheresse (causée par quoi?? :)), d’agro carburant et compagnie (ils ne sont pas encore supérieurs à l’utilisation des ressources en eau et en céréales pour le bétail ne vous en déplaise.

    L’elevage de bovins déforeste l’amazonie, et la culture de soja ogm sur ces terres là est destinée également au bétail et provoque la désertification de l’amazonie, c’est un fait plus que connu…

    Les ressources agricoles existent mais sont destinées à l’alimentation du bétail, encore une fois…www.viande.info/

    enfin bref, on ne va pas tenter de raisonner un amateur de bidoche hein…salut !